Le diagnostic sera basé principalement sur un historique clinique et le test d’écoute, qui est l’épreuve la plus importante de notre diagnostic d’écoute. Ce test va nous permettre d’élaborer une série de courbes et de paramètres pour évaluer comment cette personne écoute. Il en résultera des courbes osseuses, la courbe aérienne, un paramètre de sélectivité, de spatialisation et d’audition latérale. Nous allons également effectuer un test de latéralité motrice, un test de l’arbre, le test de la maison et le test de la famille.
L’anamnèse — historique clinique
Les données de base sont le nom, l’adresse, la profession, le téléphone — des choses de base dans toute histoire clinique. Le motif de la consultation est d’une importance capitale car à partir de lui, nous allons orienter le diagnostic de notre test. Qu’est-ce que veut cette personne, qu’est-ce qu’elle veut de nous et pourquoi est-elle venue nous rendre visite ?
Une fois que nous connaissons ce motif de consultation, nous allons élaborer une connaissance de cette personne dans son environnement familial. Si c’est un enfant, la vie prénatale est explorée : antécédents héréditaires. Il est essentiel de savoir si la grossesse a été désirée, quelle situation a existé quand cet enfant a été conçu — et les éventuelles complications qui ont eu lieu pendant la grossesse : comment la mère s’est sentie, quelles maladies elle a eues, quel environnement émotionnel et psychologique elle a vécu pendant la grossesse. Cela nous donnera une information significative sur comment cette écoute a pu être élaborée, cette première relation mère-enfant.
L’accouchement est ensuite examiné : les circonstances qui l’ont entouré. Il y a beaucoup de façons de naître de nos jours, malheureusement trop médicalisées, ce qui peut générer des déconnexions dans la relation d’écoute entre la mère et l’enfant. Ce n’est pas la même chose qu’un accouchement naturel, un accouchement par césarienne ou un accouchement qui a été très long avec des forceps. Une fois que l’enfant est venu au monde, il est important de savoir ce qui a été fait dans les premières heures, les premiers jours avec lui : s’il a été séparé de sa mère à la naissance, si on l’a emmené en incubateur.
L’environnement familial et le développement
L’environnement dans lequel cet enfant a grandi est également étudié et a vécu : s’il est le premier, le deuxième, s’il est enfant unique, s’il a des frères. La place de l’enfant dans la fratrie détermine ses relations avec ses parents. Les attentes envers un premier-né diffèrent considérablement de celles qui entourent un quatrième enfant.
Quand cet enfant a été à la maison, il convient d’explorer les premières acquisitions : les rythmes d’alimentation, la lactation (s’il a été allaité au sein ou au biberon), la succion, la déglutition. Il est aussi important de voir le rythme de sommeil. Ensuite, nous allons entrer dans le développement moteur : quand il a maintenu la tête droite, s’il a rampé, quand il s’est assis, quand il s’est mis debout pour la première fois, quand il a commencé à marcher. Nous allons aussi voir la maturation des sphincters et la maturation du langage — les premiers mots, à quel âge, au moment où ils sont apparus.
L’entrée dans le monde social et la personnalité
L’entrée dans le monde social est ensuite examinée : quand il a commencé à aller à la crèche, le temps passé à la maison avec la mère ou avec un proche, quand il est allé à l’école, quel âge il avait, comment il l’a accepté, si la mère aussi avait des sentiments particuliers à ce sujet.
Nous poserons ensuite quelques questions sur le plan physique actuel, à l’école, sur le plan du langage et sur le plan émotionnel. Nous posons quelques petites choses sur le caractère de cet enfant — quelles sont ses caractéristiques de personnalité à ce moment présent : s’il est inquiet, calme, actif, hyperactif, capricieux, patient, s’il sait différer la gratification (signe significatif de maturité), s’il se motive facilement ou s’il faut le motiver. Il est aussi important de connaître le niveau de jeu de l’enfant, s’il préfère jouer avec des enfants de son âge, avec des enfants plus jeunes, ou s’il préfère être avec les adultes.
Nous évaluons l’empathie (s’il est attentif à ce qui arrive aux autres personnes), la flexibilité face aux demandes, l’autosuffisance, le réalisme dans ses capacités, l’imagination, l’optimisme, et sa capacité de résolution de problèmes. Nous devons adapter cette consultation clinique en permanence en fonction de la personne — ce n’est pas la même chose d’avoir des parents avec un enfant de six mois que d’avoir un enfant de six ans ou un adolescent.
La santé, les antécédents et la dynamique familiale
Nous nous informons sur la santé de cette personne, le passé, quel était son état de santé général, quelles maladies a-t-il eues dans les premières années de sa vie. Nous nous intéressons surtout aux pathologies liées à la sphère orofaciale — oreille, gorge, appareil respiratoire. S’il a eu beaucoup d’otites, des problèmes de gorge, des convulsions, des infections d’oreilles répétées ou fréquentes, des interventions chirurgicales, des hospitalisations. Quelles sensibilités spéciales — tactiles, au son, aux changements, aux allergies.
Nous voyons quelle structure il y a dans la communication familiale, si elle est stable — car si les rythmes sont très désordonnés, les enfants qui essaient de s’adapter à ce monde deviennent désordonnés. Important de voir si les parents sont cohérents dans ce qu’ils racontent, si ce que dit la mère coïncide avec ce que dit le père.
Pour la latéralité, nous devrons être autour de quatre ou cinq ans, car l’enfant vit dans un environnement d’homolatéralité avant et peut alternativement être droitier ou gaucher. Vers les quatre-cinq ans, les enfants commencent à se définir.
Nous devons aussi voir comment cet enfant dort et a dormi dans les premières années. Les mères racontent facilement quand l’enfant a mal dormi — cela laisse aux parents une sensation d’épuisement et de stress très accumulé. Il est important aussi de savoir comment cet enfant mange : quels aliments principalement on lui donne, car cela aussi peut générer des problèmes qui se répercutent sur l’oreille. Sur la marche, nous voyons la posture selon l’âge, comment il se positionne dans l’espace, comment il se déplace, son habileté, s’il est ordonné, équilibré, s’il a des postures asymétriques.
Rappelons que l’audiopsychophonologie est une approche à large éventail d’application. Elle peut être faite avec une mère enceinte, avec un excellent musicien — donc la consultation va évidemment varier beaucoup. Prenez cela simplement comme une approche générale de ce qu’est la consultation clinique. Plus tard, nous approfondirons dans chaque sujet concret et les modules suivants approfondiront les différentes applications cliniques.
En ce qui concerne l’audition, nous allons poser des questions sur comment l’enfant réagit aux sons, quelles réactions il a, s’il se dérange, s’il se bouche les oreilles, s’il s’effraie, à quels sons et pourquoi il a des intérêts particuliers, s’il écoute quand on lui parle, comment il parle (très fort, très bas), son rythme, comment il communique.
🎯 Quiz — Module 11 : Diagnostic APPh — Le Bilan
⚠️ Validez ce quiz avant de continuer.
Q1. Quels sont les éléments du bilan APPh (BAPP) ?
Q2. V/F — Un test d’écoute peut être réalisé sur un enfant enrhumé.
Q3. Pourquoi l’anamnèse est-elle indispensable ?
Q4. Combien d’investigations comprend la passation complète ?
A) 2
B) 3
C) 4
D) 6
✅ Réponses
1. Anamnèse, observation clinique, test d’écoute (4 investigations), test de latéralité, et selon profil : test de l’arbre (psychologue) + test de la famille.
2. Faux. Toute infection ORL (otite, sinusite, rhume) invalide le test. Reporter jusqu’à guérison complète (minimum 2 semaines après la fin du traitement).
3. Elle relie les courbes à l’histoire de vie du sujet (naissances difficiles, séparations, chocs ORL, traumatismes) — sans elle, les courbes ne peuvent pas être interprétées correctement.
4. C) 4 : seuils (CA+CO), spatialisation, sélectivité, latéralité (audiolatérométrie).