Module 17 — L’Oreille Électronique Analogique Théorie

→ Rappel : les définitions du retard et de la précession sont établies au Module 6. Ce module en détaille l’application pratique sur l’Oreille Électronique.

L’oreille électronique analogique est le dispositif central de la Méthode Alfred Tomatis. Aujourd’hui, nous allons expliquer comment elle fonctionne, les éléments qu’elle contient et ses capacités. Nous parlerons de la bascule électronique du canal un et du canal deux, de la conduction osseuse et de la conduction aérienne, du retard, de la précession, de l’équilibre, du filtre et des possibilités qu’offre une oreille électronique analogique.

L’oreille électronique analogique de référence est aujourd’hui fabriquée par la société Besson of Switzerland, basée à Neuchâtel (Suisse). C’est actuellement le seul fabricant qui maintient une production continue d’appareils respectant intégralement le cahier des charges technique défini par Alfred Tomatis. Tout autre appareil analogique satisfaisant ces mêmes exigences — bascule C1/C2, précession vestibulo-cochléaire, chaîne 100 % analogique, absence de latence — serait théoriquement compatible avec la méthode. Le fait que l’appareil reste rigoureusement analogique — et non numérique — est fondamental. L’un des piliers de cette technologie est le maintien d’une chaîne de traitement 100 % analogique, garantissant une transmission sans aucune dégradation du signal. Le signal sonore n’est jamais converti, discrétisé ni altéré, ce qui préserve l’intégralité des harmoniques naturels indispensables à la recharge corticale. Besson of Switzerland assure ainsi, dans la continuité directe des travaux d’Alfred Tomatis, la pérennité d’un outil thérapeutique dont les caractéristiques techniques ont été établies et validées par le fondateur de la méthode.

Dans le schéma général, nous voyons que l’oreille électronique fonctionne comme un amplificateur qui a deux canaux qui ne peuvent jamais fonctionner en même temps. Essentiellement, nous avons au début un filtre que nous pouvons activer ou non. Ensuite, nous avons la capacité de travailler en canal un ou canal deux. Nous avons la possibilité d’introduire un temps de retard dans le passage du canal un au canal deux en conduction osseuse, sur une échelle de 1 à 10. Nous avons la possibilité d’introduire la précession sur une échelle de 1 à 100. Et nous avons la possibilité de changer l’équilibre de manière à priver l’oreille gauche de 10 à 90 % de son intensité.

La bascule électronique — canal 1 et canal 2

La bascule électronique de type Baxandall intègre sur chacun de ses deux canaux une électronique de correction de tonalité spécifique, permettant de sculpter le son de manière précise, différenciée et opposée. Ce dispositif ne se contente pas de filtrer le signal ; il simule les variations naturelles d’un milieu vivant en pilotant strictement le basculement entre les canaux via l’intensité sonore du signal d’entrée. Cette mécanique engendre une surprise sensorielle permanente, contraignant l’oreille à maintenir une écoute active et une vigilance corticale constante.

Le déclenchement de la bascule obéit à une règle absolue : il intervient uniquement lorsqu’un seuil d’intensité prédéfini, généralement situé autour de −30 dB, est franchi par le signal musical ou vocal. Il est capital de noter que cette mesure de référence s’effectue spécifiquement sur la composante fréquentielle située à mille hertz. C’est donc exclusivement le niveau d’intensité à cette fréquence précise qui détermine la commutation, garantissant une réaction fondée sur la dynamique du signal et non sur sa hauteur tonale globale. Tant que ce seuil n’est pas atteint, le signal est intégralement traité par le canal un ; dès qu’il est franchi, l’appareil bascule instantanément sur le canal deux pour stimuler l’oreille. Ce paramètre offre au thérapeute une marge de manœuvre essentielle, lui permettant d’ajuster la finesse de la stimulation en fonction de la micro-réactivité propre à chaque profil de sujet.

Le canal un Le canal un module le signal sonore de manière à placer l’ensemble de l’oreille dans une situation de relaxation sans tensions. Le muscle du marteau maintient le tympan dans une tension minimale, ce qui implique un état de non-accommodation. À cette manière d’être correspond aussi un état corporel de détente. Dans le canal un, le son entre, soit par le microphone, soit par une source sonore, et il est modulé de manière que les graves sont survalorisés et les aigus sont diminués.

Le canal deux Quand le son entre dans le canal deux, il est modulé de manière que les graves sont diminués et les aigus sont favorisés. Cela produit une situation de tension totalement différente de celle du canal un. Quand nous sommes dans le canal deux, l’oreille entière — non seulement le tympan par le moyen du muscle du marteau, mais aussi la pression lymphatique qui atteint ses valeurs optimales grâce à l’action du muscle de l’étrier qui agit via la platine sur la fenêtre ovale — se place dans une situation de tension adéquate. Cela permet la maximale accommodation tant tympanique que vestibulo-cochléaire pour pouvoir capter et analyser le son de façon optimale.

La conduction osseuse et aérienne

  • La conduction osseuse : par le moyen des os crâniens, les vibrations informent le nerf auditif.

  • La conduction aérienne : les vibrations tympaniques arrivent à l’oreille interne où elles sont analysées et passent au nerf auditif.

Le retard — temps de latence

Le retard, que nous pouvons aussi appeler temps de latence, est un paramètre purement neurologique. C’est un temps de préparation — le laps de temps dont a besoin un système nerveux pour réagir. Ce paramètre varie de façon individuelle et tout au long de la vie. Chez les enfants et les personnes âgées, il est souvent plus long. C’est aussi quelque chose de propre à chaque langue et à chaque groupe de locuteurs.

Dans l’oreille électronique, cela se matérialise en un laps de temps qui peut aller de zéro à 250 ms entre l’instant où l’on atteint le seuil de basculement et le moment réel où l’on bascule du canal un au canal deux. Quand nous avons un retard zéro et une précession zéro, le son, la phrase musicale, va évoluant et quand il atteint l’intensité suffisante (autour de 1 000 Hz, le seuil de changement), il bascule directement et passe au canal deux. Au moment où ce seuil de basculement est perdu, il revient à nouveau au canal un — sans laps de temps.

La précession

La précession est un paramètre complexe d’ordre neurophysiologique. Ce paramètre suppose passer de la sensation à la perception. C’est placer l’appareil auditif dans sa forme adaptative maximale pour qu’il capte ce que nous désirons recevoir. Ce paramètre agit de manière unitaire et globale avec deux aspects complémentaires :

  • La préparation de l’ensemble du corps par le moyen de l’ensemble vestibulo-cochléaire et plus spécialement par le moyen de l’entraînement de la musculature de l’oreille.

  • La mise en œuvre d’une structure neuronale dépendante de cette fonction dynamique, qui est l’acte d’écouter.

Le désir d’écouter constitue l’acte précurseur dans lequel interviennent les muscles de l’oreille moyenne et qui précède tout un ensemble de régulations neurophysiologiques. L’action de tendre le muscle de l’étrier, qui régule la pression lymphatique du labyrinthe, précède toutes les autres actions du reste des éléments régulateurs de l’oreille moyenne : le marteau, le muscle du marteau (tenseur du tympan) et la musculature de la trompe d’Eustache.

Cela se concrétise dans la possibilité d’introduire un temps de retard dans le passage du canal un au canal deux de la conduction aérienne par rapport à la conduction osseuse. Si nous mettons la précession à 10, la conduction osseuse passe la première du canal un au canal deux au moment où le seuil de bascule est atteint, et la conduction aérienne suit encore en canal un pendant 250 ms avant de basculer à son tour au canal deux. Avec la précession à 100, le temps de retard dans le passage de la conduction du canal un au canal deux de la conduction aérienne par rapport à la conduction osseuse est de 2 500 ms. L’échelle va de 1 à 100.

L’équilibre

Avec la régulation de l’équilibre, nous pouvons latéraliser à droite les personnes. L’écouteur droit reste toujours à 100 %. L’intensité dans l’écouteur gauche peut varier sur une échelle de 1 à 10 — 10 étant 100 % et 1 étant 10 %. Si nous mettons une échelle de quatre, nous avons 100 % dans l’oreille droite et 40 % dans l’oreille gauche.

Dans les cas de personnes qui souffrent de vertiges, nous mettrons toujours l’équilibre au maximum — à 100 % dans les deux écouteurs. En général, nous passerons d’un équilibre de 10 à un équilibre de sept en quelques séances et nous resterons ainsi pendant la phase passive. Dans une phase active, nous pouvons arriver jusqu’à un équilibre un — bien que cela soit théorique, car il y a beaucoup de personnes pour lesquelles l’équilibre un est très agressif ou très inconfortable. Parfois, nous devons nous contenter de le laisser à un équilibre trois ou quatre.

Le filtre

L’oreille électronique est équipée de filtres passe-haut (en français : filtre passe-haut) avec une pente de 48 décibels par octave chacun. Ce sont des filtres qui ne laissent passer que les aigus et éliminent les graves. L’oreille électronique analogique a la capacité de mettre des filtres de 50 Hz jusqu’à 9 000 Hz.

Nous appelons « Retour Sonique Musical » (RSM) le parcours qui va de ne pas filtrer à filtrer jusqu’à 9 000 Hz. Et nous appelons « Accouchement Sonique Musical » (ASM) le parcours inverse, de 9 000 Hz vers 0 Hz. Nous expliquerons dans quels moments nous pouvons les utiliser.


🎯 Quiz — Module 17 : Oreille Électronique — Théorie

⚠️ Validez ce quiz avant de continuer.

Q1. Qu’est-ce que la bascule électronique ?

Q2. Qu’est-ce que le RSM ?

Q3. V/F — L’Oreille Électronique Besson est un appareil numérique.

Q4. Quelle est la valeur standard de la précession en phase passive ?

A) 0 ms
B) 10 ms
C) 100 ms
D) 2 500 ms


✅ Réponses

1. Mécanisme alternant entre C1 (son naturel) et C2 (son filtré) selon le seuil d’intensité. Cette alternance stimule les muscles de l’oreille moyenne et entraîne l’écoute active.

2. Le Retour Sonique Musical : filtrage progressivement augmenté de 0 à 9 000 Hz, induisant une régression vers l’écoute fœtale. → cf. Module 6 pour la définition du retard et de la précession.

3. Faux. C’est un appareil 100% analogique à commande numérique. La chaîne sonore reste analogique.

4. C) 100 ms en phase passive (RSM/SF). Réduite progressivement vers 10 ms en phase active (ASM/Langage).