Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est l’un des troubles neurodéveloppementaux les plus diagnostiqués chez l’enfant d’âge scolaire, touchant entre 5 et 7 % de la population mondiale. Il se définit par une triade symptomatique : inatention, hyperactivité et impulsivité, dont les combinaisons variables donnent trois sous-types distincts — prédominance inattentive, prédominance hyperactif-impulsive, et type mixte. L’audiopsychophonologie offre une approche complémentaire particulièrement pertinente, car elle agit directement sur les mécanismes neurologiques qui sous-tendent ces difficultés.
Le lien entre TDAH, sélectivité et latéralité
Du point de vue audiopsychophonologique, le TDAH se caractérise presque systématiquement par une sélectivité fermée et une latéralité auditive mixte ou gauche. La sélectivité fermée signifie que l’oreille ne discrimine pas finement les sons : elle perçoit le monde sonore comme une masse globale, incapable de trier l’essentiel de l’accessoire. L’enfant TDAH ne filtre pas les bruits de fond — le ronronnement du radiateur, les conversations lointaines, les bruits de la rue — et se retrouve submergé par des stimulations auditives dont il ne peut pas se protéger. Son agitation et sa distraction sont alors souvent une réponse de survie à cette surcharge sensorielle permanente.
La latéralité gauche ou mixte implique un retard supplémentaire dans le traitement du langage : le signal auditif doit traverser le corps calleux avant d’atteindre les zones de traitement linguistique, ce qui ralentit le décodage et augmente la charge cognitive. L’enfant qui « n’écoute pas » ou qui « se perd quand on lui donne plusieurs instructions à la suite » souffre souvent de cette combinaison : sélectivité fermée et latéralité non établie.
Sous-types de TDAH et profils d’écoute
Les trois sous-types de TDAH présentent des profils d’écoute distincts qui orientent la programmation de l’oreille électronique.
TDAH à prédominance inattentive :
Le test d’écoute montre typiquement une courbe aérienne aplatie ou descendante dans les aigus, une sélectivité fermée marquée et de nombreuses erreurs de spatialisation. Ces enfants sont souvent décrits comme « dans la lune » — leur système nerveux est en retrait, en mode défense dorsovagale. La priorité thérapeutique est la recharge corticale par les aigus et l’ouverture de la sélectivité.
TDAH à prédominance hyperactif-impulsive :
Le profil d’écoute est souvent chaotique, avec des courbes irrégulières, des écarts importants entre les deux oreilles et une bascule très rapide entre états de vigilance. Ces enfants sont en activation sympathique permanente — leur système nerveux est en mode alerte et recherche constamment une stimulation nouvelle. Le grégorien en début de cure est ici indispensable pour calmer le système nerveux avant d’entreprendre tout travail de discrimination.
TDAH de type mixte :
Profil le plus fréquent et le plus complexe, combinant les deux tableaux précédents selon les moments de la journée, le niveau de fatigue ou le contexte émotionnel. La programmation devra être particulièrement souple et adaptative, avec des révisions fréquentes du test d’écoute (toutes les deux séries plutôt que toutes les trois).
Protocole recommandé pour le TDAH
La prise en charge Tomatis du TDAH suit généralement une progression en trois temps. Première phase : calmer et ancrer. On commence par deux à trois séries de séances en RSM avec alternance grégorien et Mozart non filtré, équilibre à 10, précession à 100. L’objectif est de stabiliser le système nerveux et d’ouvrir la sélectivité.
Deuxième phase : discriminer et latéraliser. Une fois la sélectivité ouverte (constatée au test de révision), on introduit les sons filtrés à 8 000 Hz et on réduit progressivement l’équilibre vers 5 ou 3 pour renforcer la latéralisation droite. Troisième phase : consolider par l’actif. Des exercices de lecture à voix haute avec le casque, de répétition de séquences de mots et de travail rythmique permettent de fixer les nouveaux schémas d’écoute.
Articulation avec les autres prises en charge
Le TDAH bénéficie généralement d’une approche multidisciplinaire. L’audiopsychophonologie s’articule naturellement avec l’orthophonie (qui travaille la conscience phonologique et le langage écrit), la psychomotricité (qui ancre la latéralité dans le corps et le geste), et la neuropsychologie (qui évalue et suit les fonctions exécutives). Lorsqu’une médication stimulante est en place, l’audiopsychophonologie reste applicable et complémentaire : elle n’interfère pas avec le traitement pharmacologique et peut même permettre, dans certains cas, d’en réduire la dose progressivement — mais cela doit toujours se faire sous supervision médicale.
🎯 Quiz — Module 29 : Tomatis et le TDAH
⚠️ Validez ce quiz avant de continuer.
Q1. Quel profil de courbes est typique du TDAH ?
Q2. V/F — Le TDAH est un diagnostic unique à profil homogène.
Q3. Après combien d’étapes constate-t-on typiquement une stabilisation dans le TDAH ?
✅ Réponses
1. Instabilité de la latéralité (bascule fréquente D/G), sélectivité souvent fermée, courbes irrégulières (pics + scotomes). L’oreille ne maintient pas une écoute soutenue.
2. Faux. Plusieurs sous-types (inattentif, hyperactif-impulsif, combiné). La programmation Tomatis est adaptée au sous-type — notamment : O-BP contre-indiqué chez le profil hyperactif.
3. 2 étapes (I + II), avec souvent une phase d’agitation marquée entre les deux (signal de réorganisation).